Claudio Capanna est né à Rome en 1980. En tant qu’étudiant en cinéma à l’Université de Rome, il a dédié sa thèse au cinéaste allemand Werner Herzog. Il a commencé à travailler dans le secteur audiovisuel en 1999 et a depuis réalisé des documentaires et courts-métrages sélectionnés dans des festivals internationaux. En 2006 il déménage à Paris pour suivre les Ateliers Varan. C’est à ce moment qu’il commence à travailler pour Arte France et réalise plusieurs documentaires à propos de l’Italie. Il vit aujourd’hui à Bruxelles et travaille pour la RTBF.

Intentions
« Je suis né prématuré de quelques semaines, en février 1980. Évidemment, à plus de trente ans, je n’ai plus aucun souvenir distinct de cette expérience. Les seules informations que je possède viennent des récits de mes parents, ou de mon frère aîné.

Dans les années 80, à l’époque de ma naissance, les services hospitaliers pour les enfants prématurés étaient des lieux complètement cachés du reste du monde. Mais au cours des dernières décennies, les services de néonatalogie se sont progressivement ouverts au monde extérieur, grâce à de nouvelles techniques médicales qui prévoient la participation constante des parents aux soins des enfants. Lorsque j’ai découvert ces changements en 2012, j’ai commencé à me pencher sérieusement sur l’idée de réaliser un film sur les enfants prématurés, une envie qui me démangeait depuis bientôt 10 ans. Et l’hiver dernier, j’ai rencontré une femme qui s’est révélée fondamentale pour mes recherches: Anne Pardou, ex-directrice d’un service de néonatalogie, m’a ouvert les portes de l’hôpital Érasme.

Premières impressions : les pièces du service sont des lieux mystérieux, elles semblent se trouver dans le territoire d’une fable. Les couveuses ressemblent à des petits vaisseaux spatiaux construits pour transporter dans le temps et l’espace de petites créatures encore en gestation.
En me penchant sur l’un des prématurés, la vision d’une séquence d’un film qui a bouleversé ma vie me revient : dans “La Ballade de Bruno” de Werner Herzog, un médecin démontre au protagoniste du film comment un enfant prématuré possède déjà des réflexes de survie étonnants et innés malgré son évidente fragilité. Le médecin attrape les mains du nourrisson et le soulève. Le prématuré s’accroche alors aux doigts du médecin et reste suspendu dans le vide, se tenant par la seule force de ses minuscules bras pour ne pas tomber. J’ai compris précisément à cet instant ce que je cherchais à filmer : le réflexe de survie originel inhérent à tout être humain quelque que soit le contexte ou la situation où il se trouve ; filmer la puissance fascinante et mystérieuse qui s’en dégage. »